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L’église et la fête de la Nativité à Vétheuil, curiosités

La Nativité de la Vierge Marie est célébrée chaque année le 8 septembre pour commémorer la naissance miraculeuse de Marie, mère de Jésus-Christ.

Origine et histoire

La fête de la Nativité de Marie est l’une des grandes fêtes mariales du calendrier liturgique catholique et orthodoxe, célébrée depuis l’Antiquité à Jérusalem et Constantinople, puis fixée à Rome au VIIe siècle par le pape Serge Ier Elle marque le début de l’économie du salut et l’inscription du Verbe de Dieu dans l’histoire des hommes.  La date du 8 septembre est liée à la dédicace d’une église construite près de la « Maison d’Anne » à Jérusalem, où, selon la tradition, Marie serait née. C’est donc une fête joyeuse, rappelant la naissance miraculeuse de la sainte Vierge, (de parents très âgés car sa mère sainte Anne était réputée stérile, ce qui faisait honte à son père, saint Joachim). Marie est le plus haut cas de sainteté de l’histoire. (Ci-dessus, Vierge à l’enfant, portail Sud, XVIème siècle, Vétheuil).

Le 8 septembre est aussi la fête de la vierge de Charité, et comme telle sainte patronne de nombreux lieux, dont l’île de Cuba.

A Vétheuil, elle est représentée au milieu du portail ouest avec deux enfants, le futur saint Jean Baptiste (nu, de dos) et son cousin le petit Jésus, tous trois dans des positions naturelles pleines de tendresse.

 

Quelques curiosiités de l’église de Vétheuil, par Benoît Landrevie*, et d’autres amateurs savants

 

Façade ouest : tout en haut 4 pots à feu, avec des anses ; il en existait de plusieurs tailles. Ils contenaient de la poudre noire et une mèche : on en balançait le contenu sur des ennemis, comme une grenade, et ça explosait, une fois la mèche allumée. C’est une décoration signée François de Silly, seigneur de la Roche Guyon, qui était précisément artificier-artilleur du roi.

Portail sud : les initiales de Silly sont répétées dans le portail sud, dans les carrés de stuc, sur la gauche. Pas sculptés, mais plaqués, en stuc, comme tout le plafond à caissons du portail sud. Noter l’alternance avec des dauphins gracieux, du VI°, dans le style antique.

Sur l’ogive de la sacristie, à l’extérieur, une date : 1503, dans le stuc, signale la date du passage des frères Grappin (qui ont signé leur apport avec les grappes de raisin, jeu de mot sur leur nom, et non pas hommage à saint Vincent)

Certaines gargouilles latérales pourraient dater de l’époque de François de Silly, et révéler à nouveau ses talents : elles ont une forme raide d’armes à feu. Les autres, au-dessus du portail ouest, sont probablement du XIX, dans le goût gothique de Viollet le Duc.

La lune et le soleil, sens équivoque, dans le goût de la Renaissance pour l’antique : Apollon et Diane (qui donne son nom à Diane de Poitiers, maîtresse du roi Henri II). Mais aussi, dans la tradition chrétienne, la reine de Saba, dans le Cantique des cantiques, aussi belle que la lune et le soleil.

Les anges musiciens, rajoutés sur le fronton, rogné pour faire place à leurs ailes.

Portails ouest et sud : Les niches pour les statues, n’ont probablement jamais abrité de statues. Souvent des décos inachevées, par manque de financement.

Les trous sur la façade ouest : on tirait volontiers, lors des fêtes, principalement sur le coq du clocher, pour ne blesser personne. Il s’appelait le papegeai.

Les graffiti : les bateaux fluviaux du XVII° s. sont reconnaissables à leurs 3 points + 2 antennes latérales (servant à accrocher les filets de pêche) + plat bord. Ceux qui ont une coque plus profonde, un château avant et arrière sont des bateaux de mer. Juste derrière l’entrée ouest à droite, un ou plusieurs moulins : les mariniers à la retraite devenaient meuniers, parce qu’ils connaissaient les vents, et savaient tendre les voiles des ailes comme des voiliers.

Les dates sur les murs : graffiti des jeunes gens avant de partir pour la conscription, ex-votos rogatoires.

La stèle gravée du tabernacle eucharistique : le texte évoque frère Gallien, dont les restes reposent ici. L’hostie devait surmonter le ciboire. L’étole tenue par les anges évoque aussi un religieux. Dernier mot à droite : Christ. A gauche, IACS, Jésus Sauveur des Hommes. La stèle a été retrouvée à terre, sculpture face au sol, 5° niveau au dessous du sol actuel, lorsque l’eau passant sous l’église a formé des ravines, et qu’il a fallu refaire un dallage. Mais elle a été conçue pour être en position verticale, car il y a la trace de crochets anciens ayant pu faire casser les angles supérieurs.

Rue de la pierre à poisson (ou à pesons) : arrêt obligatoire pour les pêcheurs venant d’ailleurs, ils devaient payer une taxe pour ne pas faire concurrence aux pêcheurs de Vétheuil. Le port se trouvait à cet endroit. Restes du mur d’enceinte de Vétheuil.

Chapelle des charitons, buste et texte : il s’agit du curé Pagnion (sculpture par Christophe Fratin, sculpteur animalier romantique qui vécut à Vétheuil de 1850 à 1854 (1801- 1864). L’abbé Pagnion est celui qui a fait inscrire l’église de Vétheuil au registre des monuments historiques. Le texte est la charte bulle de la fondation de la chapelle des charitons, en 1826, par le pape Grégoire XIII. Fratin se disait élève de Barye et de Géricault. Il est le premier à se lancer dans la fonte d’édition pour le bronze, au sable, en dimensions variables. Atelier Qesnel.

* Benoît Landrevie, d’une grande famille de Guernes, est un éminent médiéviste, et passionné par l’église de Vétheuil

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