O saint Hubert, patron des grandes chasses
La fête de saint Hubert est très solennelle à Buhy: jusqu’à une date récente, on faisait bénir à la sortie de la messe les chiens de chasse et les chevaux.
En 2025, « la messe solennelle aura lieu le dimanche 9 novembre en l’église Saint-Saturnin de Buhy. Les trompes de chasse accompagneront la cérémonie puis les animaux (tenus en laisse) seront bénis sur les marches de l’église. La matinée se terminera par un vin d’honneur sur fond musical de trompes. » (L’Echo des Vallées n°148)
Patrice Vanaker, chasseur depuis l’âge de 12 ans, précise : « C’est moi qui ai créé cette fête à Buhy, j’en rêvais, pour fêter mes 50 ans. La première a eu lieu en 2001, et elle a toujours eu beaucoup de succès. Mais c’est un parcours du combattant ! Au bout de vingt ans, je fatigue, cela coûte cher, et il faut trouver quelqu’un qui reprenne le flambeau… il y a eu jusqu’à 500 personnes, avec chorale, fanfare de trompes ; nous avons toute une ménagerie d’animaux en bois (maintenant relégués dans un coin secret, pour ne pas gêner certains, qui voient les chasseurs comme des tueurs, alors que nous ne faisons que maintenir les équilibres écologiques), rien à voir avec les scandales de l’élevage industriel. Il nous reste un cerf blanc géant,
en bois, que l’on peut encore sortir à cette occasion, pour bénir la saison de la chasse, création de Philippe Belleperche, et peint par Pierre Marcel, de Saint-Clair-sur-Epte.
A la Saint-Hubert, nous honorons nos camarades qui nous ont quittés pendant l’année ; notre petite église de Buhy a une âme, et c’est très important, de garder vivante la communauté des habitants de notre village. Nous organisons aussi au mois de mai une procession en l’honneur de la Sainte Vierge. Et nous avons justement besoin de quelqu’un pour restaurer sa statue…
Saint Hubert et sainte Marie, vous nous avez sauvés bien des fois ; aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de votre aide ! »
Mais qui était donc saint Hubert ?
Avec l’évêque saint Lambert de Maastricht, il est l’un des deux saints patrons de la ville de Liège. Il est fêté en Belgique et au Luxembourg le 3 novembre. On le dit apparenté à Charles Martel. Il épouse Floribanne, la fille du roi Dagobert, et les chroniqueurs nous disent qu’il était connu par « les folles joies de sa vie mondaine » peu édifiante. Mais en 688, il se consacre totalement à Dieu, puis il est élu évêque de Liège-Maestricht et Tongres. Il meurt en 727, des suites d’une blessure à la main gauche. Le 3 novembre 743, Floribert, qui lui succédait comme évêque de Liège, porta ses reliques « sur les autels », manifestant ainsi sa canonisation par l’Église. C’est à l’anniversaire de cette cérémonie que fut fixée la fête de saint Hubert.
Comme c’est souvent le cas, le culte de saint Hubert se développe avec un siècle de retard. En 825 l’évêque Walcaud permet aux bénédictins qui ont repris le monastère d’Andain, en Ardenne, d’emporter avec eux le corps entier et intact d’Hubert vers Ambra et ses ruines romaines, village qui prit définitivement le nom de Saint-Hubert. Dans ce monastère, on élevait une race de chiens qui prit ce nom, et comme il avait guéri des enragés de son vivant, on invoqua le saint contre la rage. Il devint, dès son arrivée en Ardenne, le patron incontesté du pays entier et des métiers propres à cette région « ardue », bûcherons et forestiers, tanneurs et chasseurs…
La vision de saint Hubert
Le seigneur Hubert était si passionné de chasse qu’il en oubliait ses devoirs. La légende rapporte qu’il n’avait pu résister à sa passion un Vendredi saint, et n’ayant trouvé personne pour l’accompagner, il était parti chasser sans aucune compagnie. À cette occasion, il se trouva face à un cerf peu ordinaire. En effet, celui-ci était blanc et portait une croix lumineuse au milieu de ses bois.
Hubert se mit à pourchasser le cerf mais celui-ci parvenait toujours à le distancer sans pour autant se fatiguer. Ce n’est qu’au bout d’un long moment que l’animal s’arrêta et qu’une voix tonna dans le ciel en s’adressant à Hubert en ces termes :
« Hubert ! Hubert ! Jusqu’à quand poursuivras tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? ». Hubert, saisi d’effroi, se jeta à terre et humblement, il interrogea la vision :
« Seigneur ! Que faut-il que je fasse ? »
La voix reprit :
« Va donc auprès de Lambert, mon évêque, à Maastricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu’il te sera enseigné.

La vision de saint Hubert par Pierre Paul Rubens.
Voilà pourquoi saint Hubert est toujours considéré comme le saint patron de la chasse, des forestiers et de l’environnement, mais aussi d’autres confréries professionnelles
L’Ordre de chevalerie de saint Hubert fut actif entre 1422 et 1597. Ces chevaliers, les notables de la région de Bar, étaient chargés de la répression des voies de fait. L’ordre disparut définitivement avec l’extinction de ses membres, en 1853.
Que retenir de la riche postérité de saint Hubert ?
Il faut voir, avec les yeux de l’âme, l’immense croix lumineuse qui est au centre de la couronne
des grosses bêtes qui nous font peur. Plus forte que les armes du chasseur moderne, que sont la science et la technique, il y a la vision de la Croix qui nous sauve de la peur. Grand saint Hubert, convertis nous à ton tour « et nous ferons au fracas des fanfares en ton honneur trembler le paradis » ! *
*Hymne de la Saint-Hubert
https://www.visitgembloux.be/fete-de-la-saint-hubert/
M.P.
