Le mystère de la gisante d’Omerville
L’église Saint-Martin (celui que l’on fête le 11 novembre) abrite une gisante du XIV° s. qui passe pour être l’une des plus belles du Val d’Oise. Elle n’a aucune rigidité, elle semble prier paisiblement, confiante dans la résurrection, comme à l’écoute des deux anges qui la veillent, pleins de tendresse.

Sa tête est posée sur un coussin, son col en pointe est délicatement dessiné.

À ses pieds, un chien, le sien probablement, symbole de fidélité, complète le tableau…
Puissions-nous, nous aussi, accueillir la mort avec cette sérénité !
Diverses identités lui ont été attribuées, mais les hypothèses émises ont toutes été réfutées. Les historiens locaux ont déclaré cette gisante inconnue « digne d’une nécropole royale ».
À quoi rattacher la belle gisante d’Omerville ?
Les premiers gisants datent du XIIIe siècle, du temps de Louis IX (Saint Louis, qui était de Poissy). En effet, celui-ci fait réaliser une série de seize sculptures à la gloire de ses lointains prédécesseurs mérovingiens, carolingiens ou capétiens enterrés à Saint-Denis. Au fil des siècles 43 rois, 32 reines, 60 princes et princesses, une dizaine de serviteurs de la monarchie sont inhumés dans l’ancienne abbatiale de Saint-Denis, depuis Dagobert en 639 jusqu’à Louis XVIII en 1824.
Toutes les effigies ont les yeux ouverts, comme s’ils voyaient Dieu en face, signe de la foi en la Résurrection. Et les gisants sont tournés vers l’Est, vers le soleil levant, symbole de la lumière divine et du Christ.
La gisante de l’église Saint-Aubin à Limay
C’est Jeanne de Grizy, elle est à côté de son mari, Jean Chenu, seigneur du Bellay-en-Vexin ; de leur vivant, ils avaient commandé leurs statues, très solennelles. C’était à la fin du XV° s., bientôt les gisants feront place aux orants, à genoux, plus ancrés dans leurs rôles sociaux, souvent en couple aussi, comme à l’église de Magny et à celle de La Roche Guyon.
M.P.
