L’histoire de la mère de Marie, et donc grand-mère de jésus, répercutée et magnifiée par ses légendes, est d’une richesse inégalée :
- Le thème de l’Immaculée Conception de Marie est retenu au XIIe siècle par le catholicisme en raison d’une dévotion accrue à Anne, personnalité emblématique de la chasteté[6], avant de devenir un dogme en 1854.
- La page Anne (mère de Marie) — Wikipédia est très riche, à consulter. Le nom d’Anne veut dire La Grâce, ou la gracieuse. On en retiendra que le thème de la stérilité est un thème récurrent dans les biographies célébrées par l’Ancien Testament, et la réconciliation avec son époux saint Joachim est très présent dans l’Eglise d’Orient ; puis la légende dit que sainte Marie-Madeleine apporta en province quelques os de sainte Anne, ce qui fit d’Apt la capitale de son culte en Provence. Et des fragments de ses os alimentèrent en reliques des sanctuaires dans toute l’Europe. Sainte Anne arrive en Bretagne par l’Angleterre et l’Irlande. Selon l’article Culte de sainte Anne en Bretagne — Wikipédia elle se confond avec la déesse celtique de la terre, la fertilité et la mort De Ana, ou Dana (ana signifie le souffle, en indo-européen). De fait, sainte Anne est la patronne des grand-mères qui ont vocation à transmettre, mais c’est aussi la grand-mère de la Bretagne, antérieure à la christianisation. Tardivement la fusion créatrice entre la terre de Bretagne et le catholicisme post-tridentin se manifeste lors des apparitions de 1623 à un paysan du nom de Yvon Nicolazic. C’est alors que naît le pèlerinage de sainte Anne d’Auray, le 26 juillet, qui ne cesse d’attirer des dizaines de milliers de personnes.
- Le culte de sainte Anne, identifié à la Bretagne et à la duchesse Anne de Bretagne, épouse de Charles VIII puis de Louis XII se renforce, de toute la gloire des victoires de la reine qui sut sceller l’alliance entre la France et la Bretagne, tout en préservant l’autonomie des Bretons.
- Ce culte agit comme un rempart efficace contre le protestantisme qui envahit le nord de l’Europe, mais tout comme en Irlande, ne parvient pas à s’implanter en terre bretonne. A noter que » Le luthéranisme considère que Martin Luther a choisi d’entrer dans les ordres en tant que frère augustin après avoir invoqué Anne alors qu’il était menacé par la foudre ». Cette foi oppose Luther aux protestants plus radicaux dans l’iconoclasme et le refus du culte populaire des saints.
- La patronne de la Bretagne est adorée dans toute la France.
- « Elle est à la fois la patronne des laïcs et des clercs, des matrones et des veuves. Elle préside à la sexualité du couple autant qu’à l’abstinence des moines, elle favorise les accouchements et ressuscite même les enfants mort-nés[14]. Elle assure sa protection aux tourneurs, sculpteurs, ébénistes, orfèvres, fabricants de balais, navigateurs et mineurs[15], mais surtout à des métiers manuels féminins : gantières, bonnetières, couturières, lavandières, blanchisseuses, cardeuses, chiffonnières, dentellières, brodeuses, fabricantes de bas » (wikipedia)
- On peut souligner la dimension féministe de la représentation de la « trinité » sainte Anne – Marie – Jésus. Anne est généralement représentée apprenant à lire à Marie. C’est loin d’être anodin : on a donc affaire à une lignée de « femmes savantes » !
- Pour en savoir plus, des dimensions historique, folkorique et sacrée de sainte Anne, voir Anne Brassié, Sainte Anne de Jérusalem à Auray, éd. Artège, Paris 2015, 130 p.
- Chez nous, les plus belles statues de sainte Anne sont
à Wy-dit-joli-village(ci-contre) 
à Sailly, à Fontenay-Saint-Père (ci-dessous),


à La-Roche-Guyon, à Gisors (ci-contre) … et la liste n’est pas close !
