Chaque cimetière a ses monuments, en souvenir de personnalités ou de lignées illustres.
Parmi les plus anciennes, signalons les tombes des marquis Hay de Slades, Richard Désiré, chevalier de l’ordre de saint Louis (1750-1844), ses fils Jules Émile Leon (1801-1839) et Richard Suzanne (1798-1850), comtes de Silly, à St Cyr-en-Arthies.
Parmi les plus originaux,
le mausolée orné d’une ancre nouée à une croix (Croix de Camargue), à Saint-Gervais.
Parmi les seigneurs de jadis dont de nombreux descendants sont toujours parmi nous, ont fait édifier des monuments, à La-Roche-Guyon, les ducs de La-Roche-Guyon, comtes de La Rochefoucault, avec leur devise « C’est mon plaisir », les comtes de Varreux, la famille Lemarié. À Magny, les seigneurs, ducs et marquis de Neufville et Villeroy, dont la devise était : « Per ardua surgo » (Ce qui est ardu me fait grandir). À Maudétour, signalons la chapelle de la famille De Rancher, dont la devise était « Celeritas atque Fidelitas » (Empressement et fidélité). À Saint Gervais, celle des comtes de Magnitot, dont la devise est Servare modum (Garder la mesure).
À Villers,
la chapelle des comtes de Villers porte l’inscription « Beati morituri qui in Deo moriuntur » (Bienheureux ceux qui mourront en Dieu).
Il y a les traces laissées par des créateurs, des chefs d’entreprise et des chercheurs reconnus :
À Haute-Isle : l’Anglais Romilly Fedden (peintre néo-impressionniste, 1875-1939) et sa femme Katherine Douglas Fedden (romancière américaine) ont fait préciser sur une plaque posée contre la roche, qu’ils ont vécu là 18 ans, pour la beauté du paysage ; Le Dr Gaudichard (1879-1955), érudit passionné de l’époque mérovingienne, avait rédigé lui même son épitaphe en ces termes « En ce lieu admirable et secret, il a tout consacré, son cœur et son esprit ». Il avait fait installer sur sa tombe une magnifique copie en bronze du Penseur de Michel Ange, si belle qu’elle a été volée.
À Chérence, village choisi par plusieurs personnalités juives comme résidence principale ou secondaire, dans le sillage de Nathalie Sarraute, née Natalia Tcherniak en Russie (1900-1999), et Raymond Sarraute (avocat alsacien) son mari (1985†) ; tous deux sont enterrés à Chérence ; on y retrouve aussi le peintre Eugène Galien-Laloue (1854-1941), Maria Mac Donald-Jolas, Américaine, musicienne et traductrice (1893-1987), Eugène Jolas son mari, écrivain (1894-1952).
À Magny, se trouve la tombe du très érudit historien du canton de Magny Feuilloley, dont l’ouvrage Le canton de Magny-en-Vexin, publié en 1872, reste la référence pour toute la région.
À La-Roche-Guyon, est enterré Jean-Dominique de La Rochefoucauld (1931-2011), scénariste et réalisateur de télévision.
À Vétheuil, se trouve la tombe de Camille Doncieux, modèle puis première épouse de Claude Monet, morte à trente-deux ans, de maladie (1847 – 1879).
À St Cyr-en-Arthies, reposent Jean Firmin-Didot, de la célèbre famille des imprimeurs Didot, acquéreur du château de La Bûcherie en 1852, et son fils Paul Georges, créateur avec son associé Sébastien Bottin des annuaires téléphoniques Didot-Bottin (1888).
À Bray-et-Lu, le Dr Michel Pistor (1924-2004), inventeur en 1952 de la mésothérapie (procédé thérapeutique consistant à injecter des doses minimes de médicaments, à faible profondeur, au moyen d’aiguilles très fines, le plus près possible du siège de la douleur ou de la maladie). Il exerçait à Bray-et-Lu, et sa devise était « Peu, rarement et au bon endroit ».
À Saint-Gervais, M. Letort, bienfaiteur de la commune, à qui il offrit en 1901 son premier réservoir d’eau potable, qui fonctionna jusque dans les années 1950.
À Arthies, Camille Bultelle, historienne, qui fonda et alimenta Les échos de l’Arthies, un bulletin créé en 1924, tout à fait dans l’esprit de notre Écho des Vallées, et qui comporta 60 numéros ; on retrouve aussi Léon Plancouard (1871-1945) grand archéologue et historien de la région, qui avait une modestie remarquable. Il rédigea lui-même son épitaphe en ces termes :
« Léon s’en alla comme il était venu / Sans espoir de connaître et sans être connu. / Il ne fit rien, vit peu, regretta, mais comprit / que tout le Naturel l’emporte sur l’Esprit ».
Il y a des tombes émouvantes pour tous les visiteurs :
❱ Celles des curés acharnés et des maires tenaces, dans chaque village : À Cléry, le curé issu de la famille Roussel et à Magny, plusieurs curés autour de la plus haute croix, de même qu’à Saint-Gervais ; à Magny encore, repose notre curé le Père Tomas Kapingala (1956-2020), tandis qu’à La-Roche-Guyon manque le Père Christian de Varreux (2016†). qui avait fait don de son corps à la science.
Les Monuments aux morts des communes ont parfois été installés dans les églises ou les cimetières, comme celui, sublime, de Haute-Isle.

A La-Roche-Guyon, le monument
au résistant Edmond MANSUY, chef FFI du secteur de La Roche-Guyon, mort pour la France, tombé le 23 août 1944, avec une statue mélancolique :
« Allégorie de la tristesse » restaurée en 2021, grâce à l’association Le Souvenir français.
Memento mori : même si, comme le dit le Psaume 102, notre existence ne laisse pas plus de trace que les fleurs des champs, prions Dieu pour le repos de l’âme de chaque défunt, célèbre ou inconnu, que nous rejoindrons un jour ou l’autre.

MP.
