Saint Pierre en Vexin, fêté le 29 juin, et saint André

Saint Pierre et saint André

Frères de sang, premiers disciples de Jésus

Il y a plus de 2000 ans, la Palestine est divisée en 3 régions : la Judée au sud au niveau de la mer morte-, la Galilée au nord – au niveau du lac de Tibériade appelé aussi mer de Galilée, lac de Kinneret, ou lac de Genézareth et la Samarie entre les deux.

Deux frères, André et son aîné Simon – fils de Jonas – vivent près du lac de Tibériade où ils exercent le métier de pêcheurs. Baptisés l’un et l’autre par Jean « le baptiseur » dans le Jourdain fleuve qui traverse le lac -, ils deviennent ses disciples.

Un jour de l’an 28 ou 29, André est en train de préparer ses filets lorsque Jean Baptiste l’interpelle. Il lui désigne du doigt un homme qui longe la rive et lui dit : « C’est l’agneau de Dieu ». Intrigué, André va au-devant de l’homme.  Subjugué, il l’écoute et passe toute la soirée en sa compagnie ; ce qui lui vaut d’être surnommé le Premier Appelé.

Il le quitte peu de temps, pour rejoindre son frère auquel il annonce : « Nous avons trouvé le Messie ». Puis il conduit Simon vers l’homme qui se prénomme Jésus. Les deux frères quittent tout – famille, métier – et deviennent les premiers disciples de Jésus qui leur prédit : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes »..

Ainsi commence la mission apostolique de Jésus et de ses disciplines, dont le nombre augmente rapidement jusqu’à douze : douze apôtres ou élus, représentant les douze tribus d’Israël. Ils prêchent la bonne parole en Palestine. Jésus porte grande estime à Simon qu’il surnomme Simon Képhas (signifiant le roc) en raison de sa solidité. Ce qui le conduit à lui dire : « Tu es Pierre, et c’est sur cette Pierre que je bâtirai mon église ».

Avec les autres disciples, ils assistent aux nombreux miracles réalisés par Jésus, principalement en Galilée. Juste après celui de la multiplication des pains et des poissons à Tabgha – située sur la rive ouest du lac de Tibériade -, Jésus demande à ses disciples de le laisser seul pour prier. Ils s’en vont, montent dans une barque pour traverser le lac à la rame. Ils essuient une tempête violente. La barque manque à plusieurs reprises de chavirer lorsque dans la pénombre, ils entrevoient au loin une forme étrange qui avance sur l’eau, ce qui les effraie. Puis, ils entendent : « Rassurez-vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ».

Simon-Pierre reconnait la voix de Jésus mais ne discerne pas ses traits car la nuit est sombre ; alors il doute et répond : « Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux ».  Jésus lui dit : « Viens ». Simon-Pierre sort de la barque et marche sur l’eau, mais le vent redouble de fureur. Il perd confiance et s’enfonce.  Jésus lui saisit la main, l’aide à marcher sur l’eau à ses côtés pour rejoindre la barque tout en ajoutant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? ».

La réputation de Jésus attire de plus en plus de fidèles, du nord au sud, en Judée, jusqu’à l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, que nous célébrons le jour des Rameaux. Il y entre assis sur un âne (signe de paix) et non sur un cheval (signe de pouvoir et de guerre) six jours avant Pessa’h.  [Pessa’h – qui veut dire passage – est le nom de la Pâque juive qui commémore la libération des Hébreux sous la conduite de Moïse, leur exode pour sortir d’Egypte où ils étaient traités comme des esclaves].

Quelques jours plus tard, Jésus réunit ses disciples autour d’un dîner pour fêter la Pâque juive, que l’on appelle « La Cène », nom issu du latin céna désignant le repas du Peu après, Jésus se retire au Jardin des Oliviers pour prier. André, Simon-Pierre ainsi que Jacques et Jean, l’accompagnent. Judas survient, suivi d’une troupe armée d’épées et de bâtons. Il donne un baiser à Jésus et les hommes de main envoyés par Caïphe, grand prêtre du Temple de Jérusalem, saisissent Jésus

Simon-Pierre essaye d’empêcher son arrestation et tranche d’un coup d’épée une partie de l’oreille droite de Malchus, serviteur de Caïphe.

Jésus ne résiste pas, se laisse arrêter, guérit Malchus en apposant ses mains sur l’oreille et s’adresse à Simon-Pierre : « Tu me défends et pourtant en vérité, je te le dis, avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois ». La suite est bien connue, le thème du reniement de saint Pierre a été abondamment repris dans la peinture baroque. Tous les détails de la vie de Jésus et du rôle de Pierre  en particulier nous sont fournis par les 4 Evangiles, dont celui de saint Marc, qui était le secrétaire de Pierre. Cela donne d’autant plus de prix au récit de ses faiblesses. Après la Passion, Pierre est le premier à entrer dans le tombeau vide, après avoir été informé ainsi que Jean par Marie-Madeleine que le corps de Jésus a disparu.

Peu après la résurrection de Jésus, fuyant les persécutions, les disciples quittent la Palestine pour devenir des « pêcheurs d’hommes » dans d’autres pays. Ils partent chacun de leur côté et ne se reverront plus jamais.

André l’évangélisateur de la Grèce

André prêche l’Evangile autour de la Mer Noire et il est considéré comme le fondateur de l’église de Constantinople, qui deviendra l’Eglise d’Orient (Andros, en grec, signifie L’homme). Arrêté à Petras (Grèce), il y est crucifié sur une croix en forme de X, appelée depuis croix de Saint André.

[Tous les pays, régions, villes et ordres ayant choisi André comme saint patron ont pour point commun une croix de saint André sur leurs drapeaux. C’était le cas pour les ducs de Bourgogne de l’ordre de la Toison d’or dont le cri d’arme était « Montjoie Saint André ». C’est encore le cas, de la Franche – Comté, de la ville de Bordeaux, du pays basque, de l’Ukraine, de la Roumanie, de la Grèce, de l’Ecosse, de la marine russe et de certaines régions d’Espagne – dont Ténériffe aux Canaries].

Pierre le fondateur de l’Eglise de Rome

Simon-Pierre passe par la Samarie avant de rejoindre Antioche (faisant à l’époque partie de la Syrie) où il reste 7 ans. Il séjourne un moment à Rome puis part en Grèce (Achaïe et Corinthe). Il se rend à Jérusalem entre 48/50 pour un concile et se fixe définitivement à Rome sous le règne de Néron où désormais tout un chacun l’appelle Pierre. Suite à l’incendie de Rome, Néron accuse les chrétiens d’en être les auteurs. Lorsque ceux-ci sont arrêtés, ils sont conduits dans l’enceinte du Circus Vaticanus (cirque construit par l’empereur Caligula sur la colline Vaticane) où le peuple vient assister à leur martyre. Pierre meurt dans ce cirque, crucifié la tête en bas en 64 ou 65. Il est enterré sur la colline Vaticane et il est considéré comme le fondateur de l’église de Rome et le 1er pape.

Au 4ème siècle, l’empereur Constantin, converti au catholicisme, fait détruire le cirque pour y édifier la 1ère Basilique en l’honneur de saint Pierre.

Le baiser des deux frères, souvent représenté, est interprété comme symbole de l’unité entre les églises d’Orient et d’Occident.

On fête saint Pierre avec saint Paul ensemble en tant que fondateurs indissociables de l’Eglise, le 29 juin. Saint Pierre est le patron de l’église de Genainville. On fête saint André le 30 novembre.

Christine Johan

 

 

 

 

 

 

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