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Le présent et ses présents, pour la fête de saint François d’Assise, le 4 octobre

Le présent et ses présents, par un poète né le 4 octobre, jour de la saint François d’Assise

Plus un poème est bref, plus il colle à l’instant, plus il transmet la fulgurance de l’instant. Et il est, de ce fait, toujours l’expression de notre gratitude envers Celui qui se donne à adorer, dans l’éblouissement de la Présence. Voici des haïkus d’un tout petit pays, qui a choisi de porter le plus beau nom du monde : El Salvador (le sauveur), et d’un poète qui aime à séjourner parmi nous. MP

La mer peut-être / Est un feu qui se débat, / Qui veut se réveiller.

Arbre de loin. / Quand viendra le soir / Il sera croix.

Tout est patience. / Et surtout ce métier, la poésie, / De transparence.

Heureux axiome : / La parole dans l’ombre / Tourne à l’arôme.

Voici la lune. / Et nos deux oreillers / N’en font … qu’une.

A midi / Le jasmin ne sent rien, / Il se souvient qu’il est né pauvre.

Secrètement, la nuit tricote /

Son Orient, /

l’aurore qui l’emporte.

 

 

Le vin blanc / Convoque les esprits / Du pâle ciel, ici-bas.

Le rouge vin / Convoque des esprits / De mer brumeuse, aujourd’hui.

Le vin rosé, lui, / Convoque les esprits / De l’ombre et du soleil.

L’instant, le magnifique instant, / Sert de plinthe à la vérité nue.

Moi, poète méthodique je le dis :

/ Voici l’histoire qui recommence,

/ et qui renoue.

David Escobar Galindo, Les Clés du sous-sol, éd. L’Harmattan 2008, traduction Maria Poumier.

 

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