Comment saint Blaise est arrivé dans le Vexin.
Fêté le 3 février, Blaise fut d’abord un médecin, originaire de Sébaste en Arménie : puis il fut vénéré non seulement par les Arméniens, mais dans toute l’Europe sous le nom de Blas, Blaggio, Vassily etc, en tant qu’évêque très populaire ; enfin il fut ermite, et finit martyr (décapité en 316).
L’église de Paray-le-Monial conserve une de ses reliques, et il a ses églises et ses fidèles à Rome, à Naples et ailleurs ; on l’invoque jusqu’au Japon. Son intercession est réputée très puissante, parce qu’il avait fait de nombreux miracles, dont celui de marcher sur les eaux lorsqu’on voulut le noyer.

Tandis qu’il était en prison on lui avait amené un enfant sur le point d’être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit. C’est sans doute pour ce fait qu’on l’invoque spécialement pour soigner les maux de gorge.
Comment la puissance de saint Blaise a-t-elle irradié jusqu’en Occident ? Parce que les « Galates » gaulois ont en plusieurs vagues migré jusqu’en Anatolie, et réciproquement les « Turcs » chrétiens débarquaient jusque sur les côtes du Finistère pour faire du commerce.
Les légendes de saint Blaise
Revenons au monde féérique des légendes : Blaise était l’ami des bêtes fauves, qu’il soignait. la Légende dorée raconte qu’il obtint d’un loup qu’il restituât un pourceau qu’il avait ravi à une pauvre veuve. Celle-ci, en remerciement, lui apporta la tête de son pourceau et une chandelle, ce qui explique l’utilisation de chandelles dans le culte du saint.
Or « Bleiz », en breton, signifie loup, et c’était le compagnon de Merlin L’enchanteur, ce qui fait remonter la vénération de saint Blaise en pays celte à des temps préchrétiens !!! Ces télescopages qui réconcilient deux univers religieux sont fréquents. C’est sans doute pour la fécondité de ce syncrétisme populaire que les cultivateurs s’adressent aussi à saint Blaise pour attirer les bénédictions de Dieu sur leurs récoltes, ou éloigner les maladies de leurs bestiaux, en particulier dans le Berri et le centre.
Plusieurs corps de métiers reconnaissent saint Blaise pour leur patron, tels que les cardeurs et tisseurs de laine, les ouvriers en bâtiment, les tailleurs de pierre et les laboureurs.
Encore du folklore indispensable pour l’équilibre spirituel de chacun :
La bénédiction des gorges
« Le rite de la bénédiction des gorges se déroule le jour de sa fête. Deux cierges, bénis la veille à la Chandeleur, sont liés en forme de croix et placés sur la gorge des fidèles. Le prêtre prononce alors une bénédiction spéciale, invoquant l’intercession de Saint Blaise pour la protection contre les maladies de la gorge et tout autre mal. Ce rite souligne l’importance de la prière et de la foi en Dieu pour la guérison et le bien-être.
La pertinence de Saint Blaise aujourd’hui
Dans un monde où la médecine moderne a réalisé des avancées considérables, la figure de Saint Blaise et le rite associé à sa mémoire peuvent sembler désuets à certains. Pourtant, ils rappellent des vérités fondamentales de la foi catholique :
La sainteté accessible : La vie de Saint Blaise témoigne que la sainteté est à la portée de tous, appelant les chrétiens à vivre leur foi avec courage et amour, même dans l’adversité.
La guérison par la foi : La bénédiction des gorges souligne que, si la médecine soigne le corps, la prière et la foi en Dieu apportent une guérison et un réconfort de l’âme souvent nécessaires dans le processus de guérison. » (Source: foicatholique.com)
Oraison de l’office propre de saint Blaise approuvé par l’Eglise
« O Dieu qui avez donné à saint Blaise, pontife, et martyr, une constance admirable au milieu des supplices, et l’avez rendu célèbre en lui accordant le pouvoir de guérir les maladies du prochain, faites-nous la grâce, dans votre miséricorde, d’imiter sa constance dans la foi, et d’éprouver les effets de sa protection dans les dangers. Nous vous en prions, par Notre-Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »
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Saint Blaise à l’église de Vétheuil, avec à ses pieds l’enfant reconnaissant de l’avoir délivré de son arête du poison en travers du gosier (cette anecdote peut paraître rigolote, enfantine, voire générée par le sadisme des parents qui aiment faire peur à leurs enfants… pour leur bien, mais on peut remarquer aussi son fort parfum allégorique, car le poisson est l’une des figures du Christ ; tout être humain peut étouffer quand la force terrifiante de la vérité lui reste « en travers de la gorge », et la parole d’un saint, arrivant au bon moment, ne tombant pas ce jour-là « dans l’oreille d’un sourd », peut le délivrer soudainement de la panique et de la confusion, lui « rendre la parole », lui faire chanter AlleluÏa dans toutes les langues du monde).
