Prier avec sainte Véronique (fêtée le 4 février) et avec Fra Angelico (fêté le 18 février)
Sainte Véronique est la patronne des photographes, parce qu’elle essuyait le visage du Christ sur le chemin vers le Golgotha, et que Ses traits s’imprimèrent sur le linge. Elle est aussi la patronne des artistes de l’armée, car son geste était un acte de bravoure, de défi , pour soulager les souffrances du Christ.
Elle est toujours représentée
à la sixième station du Chemin de Croix, que nous parcourons en procession le Vendredi Saint. Ci-contre, à l’église de Magny-en-Vexin.
Voir aussi à l’église de Gasny un remarquable chemin de croix en étain sur bois, réalisé par M. Lemoine, ancien maire.
Le prénom Véronique veut dire « Icône vraie ». Dans l’église de Vétheuil, on a une statuette du XIV° siècle
d’une expressivité remarquable, dans le style roman. Ses grands yeux au regard intense nous font ressentir que nous aussi pouvons refléter, par notre regard, le visage et la méditation de Jésus, qui lui-même nous regarde, depuis le linge que la sainte tient devant elle.
Quand la photographie est apparue, l’image qui se révélait sur la pellicule sans l’aide d’un artiste semblait magique. Puis la photographie devint artistique, et sert chaque jour un peu mieux les artistes, révélant par exemple des détails ou des éclats de lumière qui sont des chefs d’œuvre à part entière, par des phénomènes de concentration et d’intensification.
La Véronique du Chemin de croix d’Ambleville : 
Le voile de Véronique
est au centre de l’Adoration du saint nom de Jésus, toile de 1650, attribuée à Eustache Le Sueur, à Vétheuil. Toute la lumière converge vers le visage du Christ, et oriente notre regard vers la droite, qui est un reflet de ce qui se passe à gauche, une agonie intensément soutenue par la prière des présents.
Quel rapport avec Fra Angelico?
Saint Jean-Paul II, qui était très sensible aux arts, a fait reconnaître Fra Angelico en 1982, comme le saint patron des artistes, en tant que modèle d’humilité (qualité rare chez les artistes) et de fidélité (il ne représentait que des scènes religieuses, et sa vie fut exemplaire).
La recherche de l’imitation du vrai, du réel le plus profond, resplendit dans l’œuvre de Fra Angelico, mettant son talent au service de la divinité, qu’il reconnaissait meilleure créatrice de beauté que lui-même.
« Fra Angelico, ou la présence réelle du divin », écrit Laurent Dandrieu, et il ajoute :
« [ses fresques nous éveillent] à un réalisme supérieur, qui enrichit le réel visible d’un autre réel, invisible, mais qui n’en est pas moins concret ».
Lui-même disait : « Cultivez la profondeur de votre âme, et le génie viendra de surcroît ». D’ailleurs, on dit que tout portrait est un autoportrait, et l’on peut aller plus loin : toute œuvre d’art personnelle révèle l’âme de l’artiste, exerce la recherche « réaliste » à ce niveau aussi. Et Dandrieu poursuit :
« Le prodige de Fra Angelico, c’est qu’il atteint un réalisme jamais vu avant lui, et que pourtant il lui confère cette légèreté et cette luminosité angéliques qui sont d’un autre monde. Tout son art est ainsi de tenir les deux bouts de la chaîne : de marier la précision d’une description minutieuse du réel et l’étrangeté fondamentale du surnaturel qui travaille ce réel, invisiblement, de l’intérieur. De brouiller la frontière entre le monde matériel et le monde spirituel : parce que cette frontière, en réalité, n’est qu’apparente, illusoire ; et que l’éternité est déjà là, parmi nous, en nous. »
Oui, l’art est un chemin vers la connaissance, et la perfection. La beauté donne la joie, elle crée la communauté par l’émerveillement, et elle est toujours porteuse de vérité.
Sainte Véronique est fêtée le 4 février, Fra Angelico le 18 février. Pour la deuxième fois, une journée d’étude sur Fran Angelico est organisée à Boulogne, près de Paris, le samedi 7 février 2026.
Avec Véronique, faisons-nous proches de tous ceux qui connaissent la douleur de l’échec, la mort par condamnation et les railleries du peuple, la maladie où un geste plein de douceur redonne du sens. Tous ceux qui sont proches des plus pauvres, des démunis ne sont-ils pas eux aussi image de Dieu ? Cela renvoie au texte de Matthieu 25, 35-36 : « Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m ‘avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu… ». (http://www.inxl6.catholique.fr/article1918.php)
voir aussi : https://lesalonbeige.fr/le-patrimoine-religieux-exerce-une-influence-majeure-dans-la-conversion
M.P.
- L’adoration
du Saint-Nom du Christ, par Jean Senelle, vers 1650, église de Vétheuil, longtemps attribué à Le Sueur. Le voile de Véronique constitue le centre lumineux du tableau, tout converge vers le visage du christ, qui nous regarde.
- Station VI du Chemin de Croix de l’église de Saint-Clair-sur-Epte
