Le dimanche 15 février 2026 a été concélébrée la dernière messe de la communauté bénédictine du prieuré Saint Benoît à Chérence, par le Père Ange et Mgr Bertrand, évêque de Pontoise. Nos bons frères continueront à prier pour nous comme nous continuerons à prier pour eux. Le souvenir de la règle de saint Benoît continuera à faire le trait-d’union.

Qui était saint Benoît de Nursie (mort en 547 au monastère de Saint-Cassin, en Italie), dont les reliques sont conservées à Saint-Benoît-sur-Loire.
Il est considéré comme le Patriarche des moines d’Occident. C’est, aussi, le saint-patron de l’Europe. Né en Ombrie (actuelle Italie), c’était un jeune noble, envoyé à Rome pour ses études. Une ville alors emplie de tentations diverses : politiques, charnelles ou bien intellectuelles. Pour lui, ce qui compte c’est « Dieu seul ». Il part le chercher dans une caverne, auprès d’un ermite. Il y médite, tout emplie de sainteté. Des moines demandent, alors, à saint Benoît de devenir leur abbé, mais refusent sa volonté de réforme et tentent de l’empoisonner. Il retourne vivre en ermite dans sa caverne, où des disciples fidèles le rejoignent peu à peu. Il y fonde une communauté et écrit la Règle bénédictine. Chassé par jalousie, il s’installe au Mont-Cassin, où il fonde le premier monastère bénédictin. Il y meurt la même année que sa sœur, sainte Scholastique. Saint Benoît a diffusé la foi chrétienne avec la croix, le livre et la charrue, apportant paix et progrès à tout le continent, selon sa formule latine du « Ora et labora » (en français, « prie et travaille »).
La Règle de saint Benoît (VIe siècle) est un guide monastique structuré en 73 chapitres, prônant l’équilibre (discretio) entre prière, travail et lecture, sous la devise « Ora et Labora » (prie et travaille). Elle organise la vie communautaire (cénobitisme) autour d’un abbé, visant la recherche de Dieu par l’obéissance, la stabilité et la conversion des mœurs.
Rencontre avec l’esprit de la règle de saint Benoît : Le document qui organise notre vie, pratique et spirituelle, est la Règle de saint Benoît. Benoît était un jeune noble né à Nursie, en Italie, vers 480. Il abandonne très vite les études de lettres qu’il a commencé à Rome, pour mener la vie solitaire. Comme les disciples sont de plus en plus nombreux autour de lui, il fonde d’abord le monastère de Subiaco, puis celui du Mont-Cassin. C’est là qu’il meurt en 547. Auparavant, il a rédigé une règle qui organise la vie des moines et oriente leur spiritualité. Le pape saint Grégoire le Grand, qui a raconté la vie de Benoît dans ses Dialogues, en a souligné la discrétion, c’est-à-dire le souci de ne rien exiger d’excessif. Saint Benoît veut que l’Abbé gouverne de telle sorte que « les forts désirent faire davantage, et que les faibles ne se découragent pas » (ch. 64).
Outre la manière dont s’organise concrètement la vie des moines, la Règle décrit les vertus monastiques que sont l’obéissance, l’humilité et l’esprit de silence. Elle organise en détail la liturgie monastique, que saint Benoît appelle l’Opus Dei, l’œuvre de Dieu. Elle constitue le cœur de la vie du moine.
Saint Benoît accorde une grande place à l’Abbé : il représente le Christ dans le monastère. Aussi exige-t-il de lui une sagesse et une doctrine exemplaires. Saint Benoît avertit l’Abbé qu’il est responsable de l’obéissance de ses disciples. Il lui faut dès lors employer tous ses soins à conduire ses disciples sur la voie de la sainteté, en se faisant « aimer plus que craindre » (ch. 64).
A la fin de sa Règle, quelques chapitres donnent la quintessence de l’esprit de saint Benoît. Ils insistent sur la charité qui doit unir les frères : ils ne doivent pas se condamner mutuellement, mais au contraire s’obéir les uns les autres. « Chacun cherchera à honorer ses frères, choisissant leurs intérêts plutôt que les siens propres » (ch. 72).
Mais la Règle n’est pas un aboutissement. Saint Benoît dit lui-même qu’elle n’est qu’une « ébauche de règle » (ch. 73). Elle met le moine en chemin, elle lui ouvre des horizons illimités de doctrine et de vertu. Celui qui la met en pratique parviendra, sous la conduite de Dieu, à la patrie céleste vers laquelle il se hâte.
Quel rapport avec nos chers moines de Chérence ?
La Congrégation Notre-Dame d’Espérance, fondée en 1966 par le Père Henri-Marie Guilluy, est une communauté de moines bénédictins en France et Belgique, spécifiquement dédiée à l’accueil de personnes de santé fragile ou handicapées. Elle permet à des frères valides et handicapés de mener ensemble une vie monastique selon la règle de Saint-Benoît, comptant environ 130 frères dans 9 prieurés.
La communauté bénédictine de Chérence a fonctionné de 1987 à février 2026, soit presque quarante ans. En prière, silence, travail manuel, les frères ont donné l’exemple, pratiquant aussi l’hospitalité, pour les personnes souhaitant passer quelques jours de retraite avec eux.
A noter que dans sa Règle, saint Benoît considère que la plus importante des règles préconisées pour les moines est le devoir d’humilité, et qu’elle est valable aussi pour les artistes. Jusqu’à preuve du contraire, le Vexin n’a pas d’église Saint-Benoît, ni de représentations visuelles centrées sur saint Benoît. La constance de nos frères de Chérence est leur chef d’œuvre d’art collectif du Vexin.
Frère Robert s’est distingué aussi comme poète,
et Frère Michel dans la peinture

(ci-contre, l’église de Chérence, par Frère Michel).
Sources : wikipedia et https://www.abbayedesolesmes.fr/la-regle-de-saint-benoit
https://fr.aleteia.org/2025/07/10/ora-et-labora-cest-ici-quest-nee-la-regle-de-saint-benoit/
