Saint Éloi, fêté le 1er décembre,
est le patron des forgerons, des orfèvres, des serruriers, des maréchaux ferrants, des mécaniciens, des charretiers, des garagistes, des vétérinaires, et des chevaux. Les chevaux avaient congé, eux aussi, le jour de la Saint Éloi. Fêté le 1er décembre, il est représenté dans les églises de Chérence et de Genainville, avec sa crosse, son marteau et son enclume.
La Légende dorée, le grand ouvrage de Jaques de Voragine, le chroniquer italien (1228-1298) qui a fixé la plupart des biographies légendaires de nos saints, dit qu’étant maréchal ferrant, il eut à ferrer un cheval rétif; il lui coupa le pied à la hache, le ferra, puis le lui replaça.
Claude Pigeard, fondateur du musée de l’outil à Wy-dit-joli-village, était ouvrier chez Renault, à Flins, et racontait que dans les années 1970 encore, le 1er décembre, « on ne travaillait pas, mais on était payé. On balayait l’atelier des forges, puis les ouvriers dressaient une table et faisaient un grand repas. Le PDG, monsieur Lefaucheux, les chefs, les contre-maîtres, tous étaient invités, et on chantait. »
Et remercions saint Grégoire
Il arriva que l’évêque Grégoire eut affaire à un paroissien retors, ou moderne, ou sceptique, qui ne voulait pas croire à la présence du Christ dans l’hostie. Pour lui répondre, l’évêque se mit à prier, et l’assemblée eut alors une vision:
celle d’un Crucifié entouré de tous les instruments de la Passion, car lui-même, le Christ en croix, est l’instrument de notre rédemption. Ci-contre, la Croix de Lommerange.
Au musée de Wy, on voit de magnifiques moules à hosties, délicatement gravés, qui deviennent, une fois consacrées, « le Corps du Christ ».
Et l’on peut contempler
un grand crucifix, forgé par Claude Pigeard, et comportant plusieurs instruments de la Passion, parmi les suivants:
– la lanterne, qui éclairait Judas lorsqu’il dénonça Jésus aux juifs qui le cherchaient pour le mettre à mort.
– le glaive et l’oreille coupée par saint Pierre au serviteur du grand prêtre, quand il vint pour s’emparer de Jésus.
– le coq, qui chanta trois fois, tandis que Pierre apeuré, cherchait à se cacher dans l’anonymat; saint Pierre, comme un pauvre humain ordinaire, renia le Christ, quand une femme le reconnut comme l’un de ceux qui suivaient Jésus. Et c’est ce qu’avait prédit Jésus: « avant que le coq chante trois fois, tu m’auras renié ». Selon certains, le coq ne dit pas exactement « cocorico », mais « toi aussi tu L’as renié! » A méditer…
– la tunique sans couture que portait Jésus, et qui Lui fut ôtée lorsqu’il fut torturé (la dite Sainte Tunique, authentique, est conservée dans la basilique d’Argenteuil)
– la couronne d’épines qui Lui fut posée sur la tête par dérision
– le roseau avec lequel était tissée la corde qui servit à Lui lier les mains
– le pilier, auquel Il fut attaché
– le fouet, avec lequel Il fut flagellé
– l’aiguière, ou pichet, contenant l’eau avec laquelle Ponce Pilate se lava les mains, renonçant à obéir à sa conscience, qui exigeait qu’il protège et libère Jésus
– l’écriteau cloué au sommet de la Croix, portant l’inscription: « INRI Le roi des Juifs »
– les tenailles, le marteau, les clous, ayant servi à crucifier Jésus
– l’éponge, imbibée de vinaigre, tendue au bout d’une perche à Jésus qui mourait de soif, lorsqu’il fut crucifié
– la lune et le soleil, qui présidèrent à l’éclipse (attestée) du vendredi saint, lorsque Jésus rendit l’âme, à la suite de quoi le voile du Temple de Jérusalem se déchira, présage funeste reconnu comme tel par les Juifs
– les dés du tirage au sort pour le partage de la tunique
– la lance du centurion qui perça le sang de Jésus sur la Croix pour vérifier s’il était mort
– le serpent, enroulé au pied de la Croix, esprit du mal, vaincu par le Rédempteur
Il faut aller visiter le Musée de l’Outil, à Wy, gratuit le 30 novembre 2025, de 13h à 18h, rendre hommage au forgeron Claude Pigeard, et prier devant son Christ en fer forgé, la pièce maîtresse et unique du musée.
Plus d’infos : https://www.valdoise.fr/217-le-musee-de-l-outil-collection-claude-et-francoise-pigeard.htm
